HIDROSADENITE SUPPUREE

HIDROSADENITE SUPPUREE
Définition: Suppuration aiguë ou chronique de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, fréquente, touchant électivement les glandes sudoripares apocrines 
Hidrosadénite aiguë: abcès aigus, sensibles, ressemblant à des kystes, localisés aux régions contenant des glandes apocrines: aisselles, région ano-génitale, pubis, mamelons, mais aussi les glandes apocrines disséminées autour de l’ombilic, dans le cuir chevelu, sur le tronc ou le visage. Elle est souvent le premier signe d’une hidrosadénite suppurée chronique.
Hidrosadénite chronique: sinus et conduits fibreux associés à une suppuration intermittente et à des poussées récidivantes d’abcès aigus
Génétique – facteurs héréditaires: Notion d’hérédité mendélienne dominante rapportée dans plusieurs publications
Âge de prédilection: De la période post-pubertaire à l’âge de 40 ans; habituellement entre 30 et 40 ans
Sexe de prédilection: •Atteinte axillaire plus fréquente chez la femme • Atteinte périnéale et génitale de même fréquence dans les deux sexes
Étiologie: Blocage des unités pilo-sébacées auxquelles les glandes sudorales apocrines sont annexées, par obstruction folliculaire primitive entraînant une obstruction de la glande. Le blocage de la glande apocrine pourrait être dû à une malformation embryologique du canal apocrine, à la compression de ce canal par la rétention sudorale ou une infection bactérienne.  Ce syndrome d’occlusion folliculaire survient après la stimulation hormonale qui débute avec la puberté (androgénodépendance).  Triade folliculaire occlusive: hidrosadénite suppurée chronique, acné conglobata, cellulite disséquante du cuir chevelu
Facteurs de risque: • Prédisposition génétique • Hyperandrogénie • Femme • Acné • Troubles du cycle menstruel chez la femme • Diabète sucré • Déclenchement par les œstroprogestatifs parfois • Noir américain • Hypercholestérolémie • Métabolisme basal bas • Macération  
Signes cliniques : Nodules ou moins souvent papules, en forme de dôme, inflammatoires, sous-cutanés, douloureux – Mesurant 1 à 3 cm – Survenant par poussées récidivantes, douloureuses, non fébriles – Confluant en masses infiltrées, fibreuses – Évoluant vers la fistulisation, qui laisse sourdre une sérosité trouble peu abondante Localisations: glandes apocrines des aisselles et plis inguinaux le plus souvent, mais aussi pubis, périnée (habituellement, plusieurs zones atteintes de façon simultanée ou successive) • Récidives multiples dans les mêmes régions • Guérison sous forme de zones cicatricielles formant des bourrelets fibreux pseudochéloïdiens caractéristiques et des conduits fibreux • Parfois, présence en surface de comédons polyporeux, de kystes ou de pustules
Diagnostic différentiel: • Furonculose: différenciée par les cultures bactériologiques spécifiques et par la réponse aux antibiotiques spécifiques • Acné grave et chronique • Infection à mycobactérie • Maladie de Crohn • Maladie de Nicolas Favre • Actinomycose
Examens biologiques: • Examen bactériologique et culture de l’exsudat provenant des lésions: streptocoque Milleri chez la femme (assez spécifique), staphylocoque doré, streptocoques, E. coli, Proteus dans les formes chroniques. Pas d’anaérobies habituellement. Germes souvent multirésistants • NFS: anémie normocytaire dans les formes chroniques
Anatomie pathologique: • Signes d’inflammation aiguë et chronique • Multiples comédons • Dans les formes chroniques, présence de conduits fistuleux et de cavités irrégulières dermohypodermiques remplies de pus et de tissus nécrosés, entourées d’un tissu de granulation sclérogène riche en plasmocytes, macrophages et cellules géantes
Démarche diagnostique: • Incision et drainage des lésions • Biopsie cutanée
Complications: Anémie Arthrite Cellulite aiguë Amylose Insuffisance rénale Lymphœdème Kératite interstitielle Retentissement socialÉpithélioma spinocellulaire: dégénérescence des lésions inflammatoires chroniques anciennes Septicémie (inhabituelle) Fistule urétrale ou rectale Rétraction avec formation de brides (notamment en cas de greffe cutanée) Complications de la chirurgie: surinfection secondaire, troubles sphinctériens par atteinte du sphincter anal
Évolution : • Guérison des lésions isolées (avec ou sans suppuration) en 10 à 30 j • Évolution par poussées récidivantes, implacablement progressive pendant de nombreuses années • Résolution spontanée rare • Après la chirurgie, pronostic fonction de la localisation: peu de récidive pour les formes axillaires et péri-anales, récidives fréquentes dans les formes périnéo-inguinales • Certains patients font 2 ou 3 poussées par an. D’autres voient apparaître régulièrement de nouvelles lésions (dès qu’une lésion guérit, une autre apparaît et suppure). • Amélioration notable chez 50% des patients traités par isotrétinoïne à des doses identiques à celles de l’acné mais rechutes rapides à l’arrêt du traitement  
Pathologies associées: • Acné conglobata • Folliculite disséquante du cuir chevelu • Kyste pilonidal • Maladie de Dowling-Degos • Obésité associée à un diabète sucré, une atopie, un acanthosis nigricans
Grossesse: Isotrétinoïne, cyprotérone acétate et cyclines contre-indiquésHidradénite = Maladie de Verneuil: forme grave, chronique des hidrosadénites suppuratives des régions génitales et périnéofessières.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
34 ⁄ 17 =