TYPHOIDE
= Fièvre entérique = Typhus abdominal
Définition:
Infection systémique aiguë par des salmonelles strictement humaines:
Salmonella typhi ou paratyphi A, B et C
Épidémiologie :
- L'agents pathogènes :
Salmonella typhi ou paratyphi A, B ou C, bacilles à Gram négatif
flagellés .
- Étiologie : la
pathogénicité du germe repose surtout sur son endotoxine.
- Affection endémique dans les
pays en voie de développement, sporadique dans les pays développés
. la majorité des cas observés dans les pays développés surviennent
après des séjours en zone endémique .
- Contamination oro-fécale,
directe (contact avec des selles infectées, du linge souillé, absorption
d'aliments manipulés par un porteur de germes) ou indirecte (eau polluée
par des matières fécales, fruits de mer contaminés, aliments contaminés
par des mouches). Le germe traverse la paroi digestive sans effraction et la
diffusion systémique se fait par voie digestive.
- Des formes graves chez
l'enfant en bas âge
Signes cliniques :
- La phase d'incubation: 7
à 21 jours ,
- La phase de début :
le début est progressif ou brutal
- Fièvre à 40°C
sans accélération du pouls
- Asthénie,
céphalées, insomnie
- Douleurs
abdominales, diarrhée ou constipation, abdomen météorisé
- Possible
épistaxis, langue saburrale
- Splénomégalie
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- La phase d'état
- Fièvre en plateau,
pouls dissocié
- Somnolence,
prostration voire obnubilation diurne, agitation nocturne
(45%)
- Diarrhée jus
de melon (60-70%)
- Fosse iliaque
droite gargouillante
- Splénomégalie
(40-80%)
- Taches rosées
lenticulaires (20-30%): macules roses de la base du thorax
- Angine de Dugeut
(10%): ulcération du pilier antérieur de l'amygdale
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Diagnostic différentiel:
- Paludisme (dans un contexte
tropical)
- Fièvre entérique liée à
Yersinia enterocolitica, Yersinia pseudotuberculosis et Campylobacter fetus,
salmonelles non typhiques
- Brucellose
- Tuberculose (notamment pour
les formes pseudo typhiques de primo-infection)
- Hépatites
- Pneumopathie atypique
- Endocardite bactérienne
subaiguë
- Septicémies (et notamment à
bacilles à Gram négatif)
- Fièvre Q
- Primo-infection par le VIH
Examens complémentaires :
- leuconeutropénie ou absence
d'hyperleucocytose, VS peu augmentée
- Sérologie de Widal-Felix
(diagnostic tardif): positive à partir du 8ème jour ,vaccination
positivité des agglutinines H , possibles réactions sérologiques
croisées avec les Yersinia et les Candida.
- Diagnostic affirmé par la
mise en évidence du germe sur les hémocultures durant la première semaine
des manifestations cliniques. antibiothérapie négative les prélèvements
.
- Coproculture sur milieu
sélectif positive plus tardivement. L'isolement à partir de
l'expectoration ou des urines ne permet d'évoquer le diagnostic que devant
un contexte clinique évocateur.
- Mise en culture de liquide
médullaire parfois utile en cas d'hémocultures négatives, notamment en
cas d'antibiothérapie préalable.
- Biopsie digestive : étude anatomie
pathologique n'est pas nécessaire au diagnostic, elle objective un infiltrat
mononucléé des tissus lymphoïdes du tractus digestif, notamment les
plaques de Peyer de l'iléon terminal
- ASP: abdomen sans préparation
: examens radiologiques abdominaux à la recherche de complications,
notamment perforation digestive
Traitement
: hospitalisation est indispensable, sauf pour les formes mineures et les
porteurs sains. une déclaration obligatoire .
- Mesures générales:
isolement strict, notamment des fèces, désinfection de selles, du linge,
de la chambre à la guérison ,recherche de porteurs dans l'entourage. régime
suppression des apports entériques si troubles digestifs sévères. si
évolution favorable, reprise d'une alimentation orale, initialement sans
résidus, hypercalorique .
- Rééquilibration
hydro-électrolytique
- Antibiothérapie par voie
orale préférable :
- Formes aiguës:
fluoroquinolones (péfloxacine 400 mg x 2/j, ofloxacine 200 mg x
2/j, ciprofloxacine 500 mg x 2/j) pendant 10 j,
- Porteurs
chroniques:
amoxicilline ou ampicilline (100 mg/kg/j) associé au
probénécide (30 mg/kg/j) ou Cotrimoxazole
triméthoprime-sulfaméthoxazole (600 mg / 3200 mg en 2 prises par
jour chez l'adulte) associé à la rifampicine (600 mg/j) pendant
au moins 6 semaines en l'absence de lithiase vésiculaire. ou
Thiamphénicol (3 g/j) . ou Ceftriaxone (4 g/j). ou
Chloramphénicol (1,5 à 3 g/j) .
- Si lithiase
biliaire,
traitement prolongé au moins 3 mois ou, au mieux,
cholécystectomie.
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- Corticothérapie
en cas de signes toxiniques majeurs .
- Une cholécystectomie peut
être indiquée chez les porteurs avec lithiase vésiculaire ou en cas de
rechutes après traitement.
Contre-indications:
- Amoxicilline et ampicilline:
hypersensibilité, mononucléose infectieuse, association à l'allopurinol
et à la tisopurine
- Fluoroquinolones:
antécédents de tendinopathie, hypersensibilité aux quinolones, déficit
en G6PD, épilepsie, exposition aux UV, grossesse et allaitement, enfant
avant la fin de la croissance
- Triméthoprime-sulfaméthoxazole:
hypersensibilité, enfant de moins de 6 ans (voie IM), grossesse et
allaitement, nouveau-né, insuffisance rénale ou hépatique sévère,
porphyries, déficit en G6PD, anémie mégaloblastique par carence en acide
folique, troubles de la crase sanguine
- Rifampicine:
hypersensibilité, porphyries, association à la didanosine
Précautions d'emploi:
- Amoxicilline et ampicilline:
insuffisance rénale sévère, diminuer la posologie
- Fluoroquinolones:
insuffisance rénale sévère, diminuer la posologie
- Triméthoprime-sulfaméthoxazole:
surveillance hématologique si traitement prolongé, diminuer la posologie
si clairance de la créatinine entre 15 et 30 ml/min et ne pas administrer
si < 15 ml/min
- Rifampicine: surveillance
hématologique et bilan hépatique et rénal au 8ème, 30ème jour puis
régulièrement; diminuer la posologie en cas d'insuffisance hépatique et
espacer les prises en cas d'insuffisance rénale; éviter lors de la
grossesse sauf nécessité absolue (donner alors de la vitamine K en fin de
grossesse et au nouveau-né), allaitement déconseillé (mais souvent à
maintenir dans le contexte des populations des pays en voie de
développement)
Interactions
médicamenteuses:
- Amoxicilline et ampicilline:
association contre-indiquée avec allopurinol, tisopurine
- Fluoroquinolones: association
déconseillée avec méthylxanthines, nitrofuranes, psoralènes, à
surveiller avec antivitamines K
- Triméthoprime-sulfaméthoxazole:
association déconseillée avec acide para-aminobenzoïque, acidifiants
urinaires et méthénamine, phénytoïne, psoralènes, sulfamides
hypoglycémiants, potentialisation des antivitamines K
- Rifampicine: association
contre-indiquée avec la didanosine, déconseillée avec les contraceptifs
oraux, surveiller en cas d'association avec des inducteurs enzymatiques.
Grossesse:
- Fluoroquinolones,
triméthoprime-sulfaméthoxazole, vaccination antityphoïdique
contre-indiqués
- Rifampicine: éviter lors de
la grossesse sauf nécessité absolue (donner alors de la vitamine K en fin
de grossesse et au nouveau-né)
Prophylaxie :
- Amélioration des conditions
sanitaires, notamment installation du tout-à-l'égout et de réservoirs
d'eau, dans les zones endémiques
- Hygiène alimentaire:
utiliser de l'eau en bouteilles pour laver les aliments, pour la boisson et
l'hygiène buccale; éviter les aliments crus ou froids; lavages répétés
des mains
- Vaccination anti-typhoïde
pour les touristes en voyage en zone d'endémie (1 injection unique, la
protection apparaît en 2-3 semaines et dure au moins 3 ans; vaccin
contre-indiqué en cas d'hypersensibilité à l'un des composants, lors de
la grossesse et chez l'enfant de moins de 2 ans)
Surveillance
:
- Clinique: température,
pouls, pression artérielle, selles, auscultation cardiaque, examen
abdominal , la recherche de complications digestive .
- Biologique: hémogramme,
leucocytose (une hyperleucocytose peut témoigner d'une perforation
digestive), hémoglobine, coprocultures (à 2 jours d'intervalle à l'arrêt
du traitement)
Complications:
- Perforation (2-3%) et
hémorragie intestinale (2-6%), notamment de l'iléon distal
- Atteinte toxinique:
myocardite, encéphalopathie
- Dissémination septique:
ostéomyélite (notamment chez l'immunodéprimé), anévrismes infectieux
(notamment chez le sujet âgé); rarement, endocardite, méningite,
pneumopathie, arthrite, hépatite, myocardite, néphrite, parotidite et
orchite
- Coagulation intravasculaire
disséminée CIVD .
- Portage chronique
asymptomatique (3 à 5% des sujets) défini par l'élimination fécale de
salmonelles pendant plus d'un an
- Rechute, notamment en cas de
foyer persistant vésiculaire ou osseux
Évolution
: Bon pronostic sous traitement, mais 2% de mortalité (surtout chez le sujet
fragilisé) et 15% de rechute