| L'asthme est une
maladie des voies aériennes qui se caractérise par des épisodes
d'obstruction bronchique modérée ou sévère, réversibles spontanément ou sous
traitement. Cette obstruction bronchique se manifeste généralement par une
dyspnée paroxystique qui peut parfois être chronique. La respiration
sifflante ou le wheezing à l'auscultation sont caractéristiques de
l'asthme. Mais la dyspnée et le wheezing peuvent manquer et l'asthme
peut se manifester par une toux isolée.
Un diagnostic erroné de
"pneumopathie récurrente" ou de "bronchite chronique" est parfois posé.
L'asthme est une maladie très fréquente touchant environ 5% de la
population générale et 8% des enfants d'âge scolaire.
Epidemiologie:
1-Incidence: Enfant: 50% des
nouveaux cas d'asthme surviennent chez l'enfant de moins de 10 ans
2-Facteurs de risque:
• Antécédents familiaux, terrain atopique
• Infections virales bronchiques durant l'enfance
3-Génétique
Pas de transmission génétique clairement identifiée, mais prédisposition
familiale nette avec terrain atopique incluant l'hyperréactivité
bronchique, la rhinite allergique, la conjonctivite allergique et la
dermatite atopique
4-Age
• 50% des asthmatiques sont des enfants de moins de 10 ans.
• Chez l'adulte, l'asthme débute le plus souvent entre 16 et 40 ans, mais
peut survenir à n'importe quel âge. Sujet âgé: l'asthme débute
rarement à cet âge
5-Sexe Enfant de moins de 10 ans: garçon > fille
la puberté: homme = femme Adulte: femme > homme
6-Maladies associées: Reflux gastro-œsophagien , Sinusite
Etiologie:
| Mecanisme |
| Les symptômes aigus
sont liés au rétrécissement du calibre des bronches dû à plusieurs
mécanismes: contraction du muscle lisse bronchique, oedème et
inflammation de la muqueuse bronchique et hypersécrétion muqueuse.
FACTEURS
DECLANCHANTS
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Allergenes
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- Pollens
- Poussière de maison (acariens)
- Animaux (chat) |
- Plumes
- Moisissures
- Allergènes professionnels |
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Autres facteurs
déclenchants
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- Infections ORL ou
bronchiques, en particulier virales
- Fumée de cigarette ou autres polluants
- Aspirine, tartrates, betabloquants (même sous forme de collyre) |
- Reflux
gastro-œsophagien
- Sommeil (débit expiratoire de pointe (DEP) plus bas à 4 heures
du matin)
- Exercice ,Rire, Stress , Règles. |
Signes cliniques:
En dehors des crises, il n'y a généralement pas de symptôme et l'examen
clinique est normal. Cependant, les explorations fonctionnelles
respiratoires peuvent être perturbées.
|
Pendant une crise, les symptômes sont variables |
- Dyspnée
- Respiration sifflante
- Toux
- Bradypnée ou tachypnée |
- Wheezing
caractéristique à l'auscultation
- Hypersonorité à la percussion
- Distension thoracique
- Expiration prolongée |
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Les signes de gravité |
- Dyspnée intense,
orthopnée, tachypnée > 30/min
- Cyanose
- Sueurs
- Diminution du murmure vésiculaire
- Tirage et mise en jeu des muscles respiratoires accessoires |
- Tachycardie > 120/min
- Pouls paradoxal > 20 mmHg
- Signes d'insuffisance cardiaque droite
- Angoisse, agitation, troubles de la conscience |
Diagnostic différentiel: Un wheezing peut être entendu en dehors de
l'asthme et doit faire discuter
1- Inhalation de corps
étranger
2- Insuffisance cardiaque
3- Bronchite chronique
4- Aspergillose broncho pulmonaire allergique |
5- Bronchiolite aiguë
virale, épiglottite
6- Sténose bronchique
7- Tumeur trachéo bronchique. |
8- Mucoviscidose
9- Sarcoïdose endobronchique
10- Embolie pulmonaire
11- Pneumopathie d'hypersensibilité |
Examens biologiques:
1-Augmentation des IgE totales et parfois des IgE spécifiques de certains
allergènes
(technique de RAST)
2-Hyperéosinophilie modérée
3-Hypoxémie et hypocapnie lors d'une crise. Une normocapnie témoigne
d'une crise sévère.
Biopsie bronchiques : étude anatomie pathologique objective :
• Hyperplasie du muscle lisse bronchique
• Œdème de la muqueuse bronchique
• Desquamation épithéliale
•Epaississement de la membrane basale
• Infiltrat inflammatoire de la muqueuse bronchique
• Bouchons de mucus intraluminaux
• Les recherches actuelles insistent sur l'importance de l'inflammation
des voies aériennes dans l'asthme avec libération de médiateurs
inflammatoires par les mastocytes, les éosinophiles et les autres
cellules inflammatoires infiltrant les bronches.
Examens diagnostiques spécifiques:
1- Explorations fonctionnelles respiratoires
- Pendant une crise: syndrome obstructif (augmentation des résistances
des voies
aériennes, anomalies des rapports ventilation-perfusion)
- En dehors des crises: les explorations fonctionnelles permettent
d'apprécier la gravité de
l'asthme. Elles sont généralement normales en dehors des crises. Un test
de provocation
bronchique à l'acétylcholine permet de diagnostiquer une hyperréactivté
bronchique très
évocatrice du diagnostic d'asthme (chute du VEMS pour des doses
inférieures à celles
nécessaires chez le sujet sain). En cas d'obstruction bronchique en dehors
de toute
crise, un test de réversibilité par beta-mimétiques a la même valeur que
le test de
provocation.
- L'obstruction bronchique peut être appréciée et suivie à domicile et en
consultation par la
mesure du DEP avec un débit-mètre de pointe.
2- Explorations allergologiques
- Interrogatoire soigneux
- Tests cutanés
- IgE totales et spécifiques
La radiographie : telethorax est
généralement normale. Pendant une crise, une distension
est fréquente. Des signes d'infection, un pneumothorax, un pneumomédiastin
doivent être
recherchés.
Diagnostique: En dehors de toute crise, l'interrogatoire et la
normalité de l'examen clinique permettent généralement de poser le
diagnostic. En cas de doute, une hyperréactivité bronchique doit être
recherchée aux explorations fonctionnelles respiratoires EFR .
Complications:
• Etat de mal asthmatique
• Insuffisance respiratoire, ventilation mécanique
• Atélectasie chez 25% des patients hospitalisés
• Paralysie flasque après crise sévère
• Décès
• Pneumothorax
• Sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique
• Anomalies du métabolisme de la théophylline
Traitement:
Médicaments anti-asthmatiques: Il existe cinq grandes classes
1-Cromones: cromoglycate et nédocromil sodique
2-Stéroïdes: béclométasone, prednisone, etc.
3-Bêta-agonistes: salbutamol, terbutaline, etc.
4-Méthylxanthines: théophylline, aminophylline, bamifylline
5-Anticholinergiques: atropine, ipratropium bromide
Autres médicaments utilisables:
• Kétotifène
• Antihistaminiques H1
• Méthotrexate
• Les antibiotiques sont indiqués s'il existe des signes infectieux.
CAT selon les formes
cliniques:
1-Asthme léger: wheezing bref une à deux fois par semaine
- Bêta-agonistes en spray à la demande
- Bêta-agonistes per os ou théophylline peuvent être indiqués mais ont
plus d'effets
secondaires
2-Asthme modéré: symptômes hebdomadaires gênant le sommeil,
l'exercice, motivant des
consultations en urgence, DEP entre 60 et 80% de la valeur théorique
- Traitement de fond nécessaire
- Nédocromil sodique 2 à 4 fois par jour
- Alternative: corticoïdes inhalés (béclométhasone, budésonide): 400 µg/j
- Si les symptômes ne sont pas contrôlés par de faibles doses de
corticoïdes (600 µg/j),
ajouter une théophylline à libération prolongée ou un anticholinergique en
spray
- En cas de crise: beta-agonistes en spray et courte cure de corticoïdes
per os
3-Asthme sévère: symptômes fréquents avec limitation d'activité,
symptômes nocturnes,
hospitalisations, DEP < 60% de la valeur théorique
- Cromone comme ci-dessus
- Corticoïdes inhalés: jusqu'à 2000 µg/j en 4 prises
- Certains patients peuvent nécessiter des corticoïdes oraux en
permanence; la prise de
corticoïdes per os un jour sur deux est alors recommandée
- Théophylline souvent utile, notamment pour les symptômes nocturnes; taux
sanguins à
contrôler (entre 10 et 20 µg/ml).
4-Crise
- Rechercher des signes de gravité .
- Bêta-agonistes en spray ou en nébulisation (salbutamol) pour lever
l'obstruction bronchique
- Courte cure de corticoïdes per os: 1/2 à 1 mg/kg/j pendant 5 à 7 jours à
diminuer
progressivement
- La théophylline IV a des risques d'effets secondaires graves.
- Garder en observation an moins pendant 1 heure
**Prise en charge hospitalière
- Corticoïdes IV: méthylprednisolone: 1/2 à 2 mg/kg IV toutes les 6 heures
- Nébulisations fréquentes de ك-agonistes
- Salbutamol IV ou théophylline IV si mauvaise réponse
- Rarement: adrénaline IV, ventilation mécanique
Mesures hygiéno-diététiques:
Une éducation du patient est essentielle
- Compréhension des différents
traitements, de la technique d'inhalation des sprays, de
l'intérêt du DEP
- Conduite à tenir en cas de crise,
donnée par écrit
- Rechercher et contrôler
les facteurs déclenchants .
- Vaccination contre la grippe
- Eviter l'aspirine
- Eviter les sulfites et les tartrates
(additifs alimentaires)
- Eviction allergénique et des irritants
- Un traitement de fond
anti-inflammatoire comme le nédocromil sodique ou les corticoïdes
inhalés doit être débuté précocement.
- La prise de Beta-mimétiques doit être
faite à la demande.
- La désensibilisation est à envisager
efficace si mono-allergenique.
la surveillance:
• Courbe de DEP à domicile
• Pendant une crise: gaz du sang, DEP, ionogramme sanguin
Contre-indications:
Sédatifs, mucolytiques. Eviter les Beta-bloquants. Le nédocromil sodique
est contre-indiqué
avant l'âge de 12 ans.
Précautions d'emploi: Se référer aux recommandations du laboratoire
pour chaque spécialité.
| Chez l'enfant de |
|
| moins de 2 ans |
nébulisations ou spray
avec chambre d'inhalation et masque. |
| entre 2 et 4 ans |
spray avec chambre
d'inhalation. |
| plus de 5 ans |
spray ou poudre |
Interactions médicamenteuses:
L'érythromycine et la ciprofloxacine diminuent la clairance de la
théophylline et peuvent
en augmenter les taux sanguins de 15 à 20%.
Grossesse:
• L'asthme ne se modifie pas dans environ 50% des cas, semble s'améliorer
dans 25% des
cas et s'aggrave dans 25% des cas.
• Prévention du stress
• La kétotifène (anti-H1) est contre-indiqué dans le 1er trimestre de la
grossesse.
abréviations
- DEP: débit expiratoire de pointe
- VEMS: volume expiratoire maximal par
seconde
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