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Étiologie:
Ingestion de toxines bactériennes: conséquence de l'ingestion d'une toxine,
produite par les bactéries lors de leur séjour dans l'aliment avant ingestion,
la prolifération bactérienne in vivo ne jouant aucun rôle - Staphylococcus
aureus: charcuterie, pâtisseries, laitages, glaces - Bacillus cereus: produits
insuffisamment réfrigérés après leur cuisson
A- Bactérienne: la
diarrhée est secondaire soit à la présence d'une toxine (diarrhée aqueuse
pure), soit à l'invasion de la paroi digestive par l'agent bactérien
(diarrhée, syndrome dysentérique), soit à la combinaison des deux
mécanismes.
- Salmonella non typhi:
intoxication alimentaire la plus fréquente (volailles, oeufs surtout);
invasive
- Salmonella typhi: la
diarrhée est un signe tardif de la fièvre typhoïde; invasive
- Shigella: une des
premières causes mondiales de diarrhée infectieuse invasive; surtout dans
les zones intertropicales (contamination interhumaine ou alimentaire); plus
rare en France (cas sporadiques lors d'un retour de zone endémique)
- Campylobacter jejuni:
la fréquence des diarrhées à Campylobacter jejuni paraît importante, sa
transmission étant surtout alimentaire (volailles, produits laitiers non
pasteurisés); invasive
- Yersinia enterocolitica: contamination
alimentaire essentiellement (viande, charcuterie, lait et dérivés). A
été rapportée dans toutes les parties du globe; semble plus fréquente en
Europe du nord; invasive
- Clostridium difficile: incriminé
dans les diarrhées secondaires à l'antibiothérapie; invasive, toxine
- Clostridium perfringens:
diarrhée toxinique; toxine A la plus fréquente, la toxine B est
responsable d'une entérocolite grave
- Escherichia coli entérotoxinogène, E. coli entéro-invasif: principaux agents
incriminés dans la diarrhée du voyageur (surtout ETEC)
- E. coli entéro-adhérent:
devenu une étiologie rare (surtout chez les enfants, notamment en cas de
vie en collectivité) du fait des progrès de l'hygiène
- E. coli
entéro-hémorragique: incriminé dans les colites hémorragiques
épidémiques en Amérique du Nord (contamination par la viande des
hamburgers, par le lait non pasteurisé); fréquence en France inconnue
- Aeromonas hydrophila: responsables
de gastro-entérites estivales (consommation d'eau insuffisamment traitée,
contamination alimentaire, fruits de mer par exemple)
- Plesiomonas shigelloïde:
gastro-entérites secondaires à la consommation d'huîtres, à un voyage en
Extrême-Orient ou au Mexique
- Vibrio choleræ: prototype de
la diarrhée sécrétoire par entérotoxine; retentissement rapide sur
l'hydratation; en France, il s'agit quasi exclusivement de cas importés
(Inde, Asie du sud-est, Amérique du Sud et Centrale)
- Vibrio parahæmolyticus:
responsable de nombreux cas de diarrhées en Extrême-Orient (contamination
par les coquillages, les crustacés)
B- Virale: diagnostic
d'élimination, la recherche de l'agent viral n'étant pas de pratique courante
- Rotavirus: première cause mondiale de diarrhée aiguë virale, surtout chez
les enfants (véhiculée par l'eau) - Virus Norwalk, Norwalk-like, et autres
calicivirus: atteignent surtout les grands enfants et les adultes, souvent dans
le cadre d'épidémies de collectivités - Cytomégalovirus: diarrhée
essentiellement du sujet immunodéprimé
C- Parasitaire : - Entamoeba histolytica
- Lamblia - Cryptosporidium - Anguillule
Signes cliniques :
- Émissions quotidiennes
multiples de selles soit pâteuses ou liquides (syndrome cholériforme,
toxine ou germe invasif), soit fécales ou non avec présence de sang et de
glaires (syndrome dysentérique; uniquement dû aux germes invasifs)
- Signes associes selon l
étiologie
- Fièvre (germes
invasifs)
- Douleurs
abdominales, nausées ou vomissements
- Anorexie,
asthénie, céphalées, arthralgies, myalgies
- Ballonnements;
météorisme abdominal (voire colectasie)
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- Des pertes
hydro-électrolytiques importantes peuvent avoir un retentissement
,déshydratation extracellulaire ,voire hypotension ou même collapsus
hypovolémique , Complications liées aux pertes potassiques .
Diagnostic différentiel:
- Diarrhées iatrogènes -
Prise de laxatifs (souvent niée par le patient) - Consommation excessive de
produits contenant du sorbitol - De très nombreuses spécialités
médicales peuvent être responsables de diarrhées (AINS, colchicine,
biguanides, antibiotiques, misoprostol, acides biliaires, sels de
magnésium; de nombreuses autres spécialités ont été plus rarement
associées à une diarrhée, éventuellement dans le cadre d'entérocolites
lymphocytaires).
- Toxiques - Métaux lourds
(plomb) - Intoxication planctonique (à partir des moules)
- Maladies inflammatoires
intestinales - Rectocolite ulcéro-hémorragique - Maladie de Crohn
- Colite ischémique
- Manifestation initiale des
diarrhées chroniques
Biologie : Hyperleucocytose (inconstante), anémie (syndrome dysentérique)
, Hémoconcentration en cas de pertes hydrosodées importantes, avec insuffisance
rénale fonctionnelle
Examen des selles -
Examen direct, coprocultures, parasitologie des selles - La mise en évidence de
l'agent infectieux peut nécessiter une recherche orientée. - La parasitologie
des selles doit souvent être répétée. - Les recherches virales et de E. Coli
ne sont pas de pratique courante.
Sérodiagnostic
disponible pour certains agents infectieux, intérêt inconstant
Traitement :
A - Traitement symptomatique
:
- Limiter le retentissement
fonctionnel Ralentisseurs du transit (lopéramide, diphénoxylate); ils
restent déconseillés si la présence d'un germe invasif est suspectée
(notamment en cas de syndrome dysentérique); le lopéramide aurait aussi
une action antisécrétoire.
- Antisécrétoires
(acétorphan); action pure sans ralentissement du transit
- Substances adsorbantes
(dérivés de l'argile, lactoprotéines méthyléniques)
- Antispasmodiques,
prokinétiques gastriques et antinauséeux
B - Abréger l'évolution de
l'infection L'indication d'une antibiothérapie est guidée par la nature de
l'agent infectieux et le terrain; elle ne doit pas être systématique; les
résistances bactérienne sont de plus en plus fréquentes en Asie et en
Afrique.
- Antiseptiques intestinaux:
peuvent être proposés dans les formes modérées
- Probiotiques (Saccharomyces
boulardii, Bacillus bifidus)
- Antiparasitaires - Pas de
traitement antiviral (sauf DHPG en cas de colite à CMV du SIDA)
C- Régime: Régime sans
résidus et sans lactose à la phase aiguë; les apports caloriques doivent
être maintenus.
- Lopéramide 2 gélules puis 1
après chaque selle molle sans dépasser 8/j lopéramide doit être évité
en cas de syndrome dysentérique ou de colite pseudomembraneuse; son
utilisation doit être limitée à 48 h.
- Lambliase:
métronidazole
- E. histolytica:
métronidazole
- Salmonella non typhi: antibiothérapie
uniquement en cas de bactériémie, d'entérocolite endoscopique sévère,
ou chez les patients porteurs d'une maladie pré-existante; recommandée
chez les enfants en bas âge et chez les sujets âgés (ciprofloxacine,
triméthoprime/sulfaméthoxasole, ampicilline)
- Shigella : association
triméthoprime/sulfaméthoxasole, ciprofloxacine
- Campylobacter: érythromycine
ou ciprofloxacine
- C. difficile:
métronidazole ou vancomycine
Complications:
- Déshydratation
- Bactériémie, septicémie,
foyers septiques à distance (germes invasifs)
- Choc
- Mégacôlon toxique, voire
perforation colique
DR SAM
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