SYNDROME
DU CANAL CARPIEN
Définition: Neuropathie
périphérique par compression la plus fréquente. Elle intéresse le nerf
médian dans sa traversée du canal carpien, en regard du poignet et de la
partie la plus proximale de la paume. Ce canal est compris entre les os du carpe
en arrière et le ligament transverse du carpe en avant. Dans ce canal
ostéo-ligamentaire inextensible passent les tendons des fléchisseurs des
doigts et le nerf médian. Ce syndrome de compression a tendance à affecter
plutôt la main dominante, mais il est en fait bilatéral dans plus de la
moitié des cas.
- facteurs héréditaires: Des
formes familiales ont été décrites.
- Âge de prédilection: 40 à
60 ans .
- Sexe de prédilection: Femme
> homme (3 à 6/1) .
- Facteurs de risque:
Micro-traumatismes répétés, alcool, tabac .
Étiologie:
- Causes locales: antécédent
de traumatisme, fracture de Pouteau-Colles, microtraumatismes répétés
(marteau-piqueur), pathologies rhumatismales (arthrose)
- Causes générales:
hypothyroïdie, diabète, acromégalie, lupus érythémateux disséminé,
leucémie, sarcoïdose, amylose, maladie de Paget, polyarthrite rhumatoïde,
sclérodermie
Signes cliniques : Picotements,
fourmillements voire sensations de brûlure de la face antérieure des doigts
(surtout les trois premiers) et de la paume, tendant à épargner le bord
cubital.
Symptomatologie à recrudescence
nocturne (mauvaise position) réveillant le patient, ou déclenchée par
certaines positions ou activités manuelles prolongées dans la journée
(conduire, lire, coudre, écrire). Classiquement, ces signes cessent en secouant
ou en massant la main. Il peut s'y ajouter des douleurs remontant dans le bras,
une perte de la sensibilité des extrémités des doigts, une perte de la force
de serrage (gêne pour porter, saisir une bouteille et servir, dévisser un
couvercle, tourner un bouton de porte).
- Signe de Tinel: la percussion
de la face antérieure du poignet fait apparaître les mêmes
acrodysesthésies.
- Signe de Phanel: on met le
patient coudes sur la table, avant-bras levés, poignets fléchis, doigts
relâchés, plusieurs minutes, ce qui fait apparaître la même
symptomatologie.
- Pose d'un garrot vasculaire:
de même, elle fait apparaître la même symptomatologie.
- L'atrophie de l'éminence
thénar est un signe tardif.
Diagnostic
différentiel:
- Autres localisations de la
compression: arthrose cervicale, plexus brachial, compression
tronculaire
- Causes non compressives:
mono- ou multinévrites infectieuses, inflammatoires, métaboliques,
dégénératives, etc.
Examens complémentaires :
- Eventuellement glycémie et
bilan thyroïdien
- Electromyogramme, bloc de la
conduction nerveuse sensitive et motrice du nerf médian, perturbé dans 85%
des cas. Le potentiel d'action sensitif est très sensible, il peut être
réduit voire aboli. L'examen doit être comparatif avec le cubital
homolatéral dans le même temps.
- Radiographie du canal carpien
Diagnostique:
Anamnèse, signes subjectifs, inspection de l'éminence thénar, évaluation de
la force de serrage, test de discrimination des deux points, signes de Tinel,
test de Phanel, test du garrot, électromyogramme, radiographie standard, bilan
étiologique .
Traitement :
- Orthopédique:
port d'orthèse la nuit et/ou le jour (mise en extension du poignet) pouvant
amender significativement la symptomatologie. Infiltration de corticoïdes:
en seconde intention, solution d'attente, parfois utile
- Chirurgicale:
décompression du canal carpien (section du ligament transverse du carpe,
libération des différents éléments, ablation d'éventuel matériel
compressif). Régression complète de la symptomatologie dans 95% des cas.
Pratiquement aucune contre-indication. Geste sous anesthésie locorégionale.
En moyenne, cicatrisation en 2 semaines + rééducation de 2 semaines
- Restriction d'activité:
Celle qui permet d'éviter la douleur
- Parfois pour temporiser le
traitement chirurgical.
Contre-indications:
- Hypersensibilité à
l'aspirine et aux AINS
- Ulcère gastroduodénal en
évolution
- Insuffisance rénale ou
hépatocellulaire sévère
- Enfants de moins de 15 ans
pour beaucoup d'AINS
- Grossesse, au 1er trimestre
et formellement au 3ème trimestre pour la plupart des AINS, et pendant
toute la grossesse pour l'indométacine
Précautions d'emploi:
- L'utilisation continue d'AINS
fait courir le risque d'ulcère gastrique ou d'œsophagite
- Peuvent provoquer une néphrite
interstitielle aiguë
- Insuffisance rénale en cas
de surdosage
- Altération des fonctions
hépatiques chez environ 15% des patients
Interactions
médicamenteuses: Association
déconseillée avec d'autres AINS, anticoagulants, lithium, méthotrexate,
salicylés, ticlopidine, sulfamides hypoglycémiants, et à surveiller avec la
digoxine, les antihypertenseurs, les corticoïdes, les diurétiques, les
analogues des prostaglandines, les interférons
Mesures
hygiéno-diététiques: Avant
la chirurgie, réduire les activités déclenchantes
Complications:
Infections post-opératoires Non récupération si traitement trop tardif et
atrophie définitive
Évolution et pronostic: Si
non traité, aggravation progressive du déficit sensitif et moteur jusqu'à la
perte fonctionnelle du membre en aval de la lésion .
Grossesse:
Peut déclencher ou aggraver le syndrome AINS contre-indiqués pour la plupart
au 1er trimestre et formellement au 3ème trimestre, et pendant toute la
grossesse pour l'indométacine